LA COPINE A PAPA

La copine à Papa, c’est l’histoire autobiographique de l’auteure (moi) lors de sa rencontre avec son ex et ses deux filles alors adolescentes, puis le témoignage de leur procédure d’agrément pour adopter, d’où la photo de la cigogne.

Extrait n°1 :

1ère étape

Présentation

Sylvie menait une petite vie tranquille et sans histoires. Célibataire, à 39 ans elle vivait dans un studio, en banlieue parisienne, non loin du parc Eurodisney. Depuis un an, pour tromper sa solitude, elle passait toutes ses soirées à tchatter avec des amis rencontrés sur le net, sur un site consacré à l’amitié.

Elle y « explosait » d’ailleurs régulièrement son forfait.

Normal, à part ses amis du net, quelques amis non virtuels et sa famille proche, elle n’avait personne avec qui parler. Elle les retrouvait également souvent pour partager avec eux des week-ends de détente, pendant lesquels ils oubliaient leurs soucis quotidiens.

Tous les matins, sans exception, elle prenait un car qui l’emmenait à sa gare RER, pour s’en aller travailler dans son ministère situé dans le quartier d’affaires de Paris, la Défense. Elle n’aimait pas ce quartier composé de tours toutes plus froides les unes que les autres et ce centre commercial où fourmillait une foule compacte à toutes les heures de la journée.

Du béton, du béton, tout n’était que béton et verre autour d’elle, alors qu’elle ne rêvait que de nature et d’espace. Depuis son arrivée dans ce quartier, neuf ans auparavant, elle n’aspirait qu’à une chose : trouver un poste à côté de chez elle, avoir enfin le temps de vivre sa vie sans courir tout le temps, ne plus avoir à emprunter les transports en commun et subir tous les désagréments que cela pouvait entraîner, pouvoir retrouver une vie normale et en profiter au maximum. C’était à cela qu’elle pensait, matin et soir, lorsqu’elle fermait les yeux, assise dans son wagon, et qu’elle glissait dans une somnolence réparatrice, détendue, jusqu’à son arrêt, qu’elle manquait quelquefois de rater, n’ouvrant les yeux qu’en entrant en gare…

Extrait de la deuxième partie :

1

Du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours rêvé d’avoir une famille à moi, sans pour autant me marier mais je désirais avoir des enfants, sans pour autant vivre avec quelqu’un.

En 1994, j’ai eu une thrombose veineuse (sorte de phlébite mais en plus important) à la jambe droite, qui a été prise à temps et soignée mais qui m’a empêchée de faire appel à la procréation médicale assistée, car elle était d’origine hormonale et la procédure aurait pu entraîner chez moi une embolie.

Comme l’insémination artificielle n’est autorisée en France que pour les couples, je me suis renseignée sur internet, sur le site d’un hôpital bruxellois, en envoyant un mail à un médecin spécialisé dans cette discipline qui a confirmé mes craintes et m’a conseillé de ne pas tenter l’expérience. Cela a été dur, mais je connaissais les risques depuis que j’avais eu ma thrombose, donc je me suis tout simplement tournée vers l’adoption. Je n’allais pas « faire un bébé toute seule », comme dans la chanson de Jean-Jacques Goldmann, mais en adopter un en solo.

Pourquoi ? La question est complètement incongrue pour moi, le désir d’être mère ne pouvant s’expliquer avec des mots, il est ancré en chacune de nous, ou pas, et il nous pousse à faire des choses plus ou moins folles aux yeux de ceux qui nous entourent.

En juin 1999, j’ai donc envoyé ma première demande d’agrément au service adoption du Conseil Général de mon département et les premiers entretiens ont débuté en septembre à l’unité d’action sociale de la commune voisine de la mienne.

Inutile de vous spécifier que j’étais moitié dans mes petits souliers et moitié fière de ma démarche. Je partais le nez en l’air et pleine d’espoir, pensant que ces entretiens seraient une partie de plaisir. A priori, il suffisait d’expliquer pourquoi je voulais un enfant autrement et, si celui avec l’assistante sociale se passa très bien, l’entretien avec la psychologue tourna assez vite au vinaigre.

Au contraire de la première qui s’était montrée ouverte et dialoguait réellement avec moi sur ma famille, mes frères et sœurs, mes neveux et nièces, sur ma façon de voir la vie et ma vie après, avec un enfant né ailleurs, la psychologue fit montre d’une totale indifférence et incompréhension, voire d’un mépris total vis-à-vis de ma demande qu’elle ne trouvait pas normale, car j’étais célibataire. Le mot était lâché et j’ai compris ce jour-là que je n’obtiendrais pas le fameux sésame qui me permettrait de devenir mère un jour. Elle essaya de me faire dire que, lorsque je devins tante pour la première fois, à onze ans, j’avais été jalouse de ma nièce car elle me prenait la place que j’occupais depuis ma naissance, à savoir la petite dernière de toute une famille. Elle me demanda également pourquoi, à mon avis, mes frère et sœurs s’étaient mariés et pas moi. A question idiote… Je lui répondis tout simplement que je n’avais pas encore trouvé chaussure à mon pied. Pour moi, c’était simple, mais pas pour elle. Elle n’appréciait, apparemment pas, les célibataires, nous soupçonnant de je ne sais quel « crime » inavouable… Elle alla même jusqu’à me suggérer de me « faire faire un enfant par un homme de passage »…

Bonjour le professionnalisme.

Et ces personnes qui dissèquent votre vie et dressent un portrait stéréotypé de vous, sont censées apprécier si vous ferez ou non de potentiels bons parents adoptifs…

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